|
Les études de ce modèle débutent en 1947 avec le projet 108, il s'agissait alors de construire une 4 Cv surdimensionnée qui ressembla vite à une Tatra. Les problèmes de mise au point furent tels que le véhicule fut remanié en profondeur pour aboutir en 1949 au projet 110 qui donnera naissance le 24 novembre 1950 à une voiture à moteur avant et transmission arrière : la Frégate. Commercialisée lors du salon de l'Automobile 1951, Renault veut alors sortir une 11 CV pour renouer avec sa tradition haut de gamme délaissée depuis que l'Etat français avait attribué à la marque de Billancourt le rôle de constructeur populaire en 1945; Renault devait en effet motoriser la France. Elle était la concurrente de la vieillissante Traction Citroën déjà âgée de 15 ans.
Elle possédait une esthétique moderne et élégante qui séduit la clientèle. Malheureusement, elle sera présentée précipitamment pour plusieurs raisons. La première d'entre elles est géopolitique. En effet, à la fin de l'année 1950, l'évolution de la guerre de Corée avait amené le Gouvernement français à envisager des répercussions sur l'économie française qui auraient eu notamment peut-être pour conséquence d'interdire aux constructeurs la production de nouveaux modèles à partir du 1er janvier 1951. Sachant cela, Pierre Lefaucheux, décida de présenter au plus vite la Frégate, avant même la fin de sa mise au point. Elle ne sera d'ailleurs commercialisée qu'à partir du salon de l'Automobile 1951. A cela s'ajoute le retard pris avec le projet 108 et le refus de Pierre Lefaucheux d'allonger les délais de conception initiaux tout en ayant ordonné le changement de projet. Enfin, la Régie voulait présenter son modèle avant la sortie des nouveaux modèles américains, redoutables concurrents à l'export. Cette précipitation a fait que la Frégate souffre de gros défauts de jeunesse. De plus elle est sous-motorisée. Ces anomalies dues à sa sortie prématurée lui entacheront sa carrière et cette réputation collera à la Frégate jusqu'à la fin .
Un modèle dépouillé apparut en 1953 : la Frégate Affaire, l'ancien modèle fut alors rebaptisé Frégate Amiral.
En 1956 la gamme est remaniée pour relancer les ventes qui ne sont pas à la hauteur des espérances. apparaissent alors un break, la Domaine et un modèle luxueux ; la Grand Pavois reconnaissable à sa peinture bicolore. La frégate Amiral se voit gratifié d'une calandre ovoïde. La frégate Affaires est rebaptisée "2 litres" et par contre la calandre rayée de 3 barrettes chromées parallèles comme à ses débuts
1957 voit apparaître la Frégate Transfluide équipée d'une transmission semi-automatique. Elle doit son nom à un fluide, en l'occurence de l'huile,qui assure la transmission de l'énergie. la Frégate Affaire est rebaptisée Caravelle pour être abandonnée en 1958. La gamme s'élargit encore en 1959 avec le modèle Manoir, un break équipé en série de la transmission Transfluide et reprenant la calandre ovale des berlines haut de gamme Grand Pavois.
Les ventes décollèrent en
1953 mais elle ne résista pas à la comparaison avec une nouvelle venue sur
le marché : la Citroën DS 19. La fin de
sa
commercialisation fut alors programmée en Avril 1960 après une production
de 180 463 exemplaires. Ce modèle ne connut pas de réel successeur, à part
le court épisode de la Rambler
(Voir
les 5 Renault
Frégate
d'un
clic)
|
||