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Etoile
Filante 1956
Dans
les années 50, la turbine est à la mode. Elle est utilisée dans
l'aviation, une expérience de turbotrain est en cours de réalisation et
ses promoteurs voudraient bien la développer dans l'automobile. Pour
favoriser ce développement, le président de Turboméca rencontre Pierre
Lefaucheux pour jeter les bases d'un projet commun : l'Etoile Filante.
Destinée
à battre des records de vitesse absolue, très en vogue à l'époque,
elle sera un moyen de conquérir de l'image outre-atlantique pour y
soutenir les ventes de la Dauphine sans non plus se lancer dans un projet
sportif trop lourd. Sa couleur bleu vif assortie aux
"bretelles" blanc et rouge, devait évoquer d'ailleurs les
couleurs françaises et américaines.
Le
choix d'une voiture de record pour valoriser la turbine supprime le
défaut majeur de cette technique : l'inertie, ce qui oblige à une
anticipation des accélérations et des freinages, la puissance arrivant
quelques secondes après l'avoir sollicité, et disparaissant quelques
secondes après avoir décéléré. L'aérodynamique
a été soignée d'où les roues carénées, le fuselage lisse; Le volant
ne servait d'ailleurs pas à braquer mais devait permettre un guidage fin
autour du point milieu. La stabilité à haute vitesse a aussi été
travaillée avec les dérives caudales.
Après
quelques gallots d'essais en Europe pour présenter le bolide (à
Montlhéry, au Grand Prix de France à Reims puis à Monza), la voiture
part pour les USA au Lac Salé de Bonneville en septembre 1956. La
chaleur excessive le premier jour, néfaste à la turbine pénalise les
performances. Jena Hébert, le pilote, atteint quand même 307 km/h. La
météo est meilleure le lendemain mais c'est le chrono officiel qui
tombe en panne empêchant d'entériner les 322 km/h atteints. Les 330
km/h espérés ne seront jamais obtenus. La voiture est tout de même
championne du monde (dans la catégorie des voitures à turbine de moins
de 1000 kg) avec 308,22 km/h, 68 km/h de plus que le record précédent détenu
par Rover.
Elle
démarrera ensuite sa campagne de promotion en commençant par le salon
de Paris 1956. Un deuxième exemplaire, équipé d'une bulle fermée fera
la tournée des salons outre-atlantique. Elle y est toujours chez un
collectionneur mexicain mais la voiture est inutilisable. Celle du
record, que reproduit la miniature a été restaurée par Renault en
1993.
Miniature
"Renault Collection / M6" N°59 base Universal Hobbies (2007)
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